• Le western, c'est quoi ?

    Le western est un genre à part entière, comme le médiéval-fantastique ou l’heroic-fantasy, et il procède des mêmes mécanismes : une mythologie, des armes, des combats, de l’action, de la romance et du suspens. Le saloon a remplacé la sempiternelle auberge ; ce n’est plus la bière qui coule à flot mais le whisky ; les corridors moisis ont cédé la place à de vastes étendues où personne ne s’aventure jamais seul ni surtout désarmé ; les morts-vivants et les dragons sont remplacés par d’autres créatures plus terribles encore qui en disent long sur la noirceur de l’âme humaine.

    Transposé dans la science-fiction, le western a donné naissance au space-opera : les cow-boys ne montent plus sur de fringants chevaux mais à bord de vaisseaux capables de traverser eux-aussi les grands espaces ; leurs voyages sont comptés en nombre de jours en hyper-espace plutôt que de jours à cheval ; leurs armes d’où jaillissait la foudre lancent à présent des éclairs ; le même élan, la même force, les pousse à aller toujours plus loin, vers le soleil couchant, en tout cas vers la lumière, et plus loin encore : « to boldly go where no man has gone before. » *

    Dans tous les cas, le cow-boy est incapable de s’arrêter. Il doit poursuivre son voyage et être confronté à l’Ouest Sauvage, à ses paysages à couper le souffle indifférents à la vanité des hommes, à ses personnages hauts en couleurs qui marquent la mémoire (et souvent la chair), à ses évènements la plupart du temps tragiques et insignifiants dont il est le témoin ou auxquels il participe - ce qui ne rend pas ces évènements moins insignifiants - jusqu’au moment où il finit par mordre la poussière. 

    Le western et le rock’n’roll sont indissociables. L’un comme l’autre, ils ont été à un moment donné la dernière aventure du monde civilisé et tous les deux constituent le récit des derniers hommes libres ; bien que le rock’n’roll reste une histoire qui est loin d’être terminée. La Légende perdure, à grands coups de décibels, de rasades de whisky, à dos de Harley, ou simplement autour d’une table, lorsque vous jouerez  avec vos amis à Ace of Spades. Et même s’il ne s’agit que d’un jeu, l’As de Pique est là pour vous rappeler qu’aucune aventure ne sera jamais aussi exaltante ni ne vaudra davantage la peine d’être vécue que celles de la vraie vie.


    * Fin de l’accroche de la série télévisée originale Star Trek, bien sûr. Etrangement, une expression similaire a été employée par H. P. Lovecraft en 1927 dans sa nouvelle La Quête onirique de Kadath l’inconnue : « Carter resolved to go with bold entreaty whither no man had gone before. »